20.2.07

Un après-midi à la Maladière…

Comme tu l’as vu dans les journaux, j’étais à Neuchâtel dimanche après-midi pour l’inauguration de la nouvelle «Miniladière», comme l’a surnommé ironiquement Ludo (tu le connais, il est diplômé à l'école du rire). Gilbert Facchinetti avait mis les petits plats dans les grands pour cette journée historique, il paraît même qu’il avait fait laver son costume trois pièces au pressing pour l’occasion, c’est dire. Parmi les «personnalités» présentes, il y avait notamment Sepp Blatter, Samuel Schmid et... Cindy, la «chanteuse à 3 neurones» (c’est un autre surnom trouvé par Ludo…). Je ne vais pas me moquer, ma femme en est fan. Cuche et Barbezat étaient également invités. Eux je ne les connaissais pas, on m’a dit que c’était des comiques suisses romands, c’est peut-être pour ça qu’ils ne faisaient rire personne. Il y avait aussi Didier Cuche avec sa médaille autour du cou et sa casquette Ovomaltine. Lorsque j’ai voulu le féliciter il a éclaté en sanglots, c’est là que j’ai compris qu’il était encore plus émotif que Strellette.

Avant la rencontre, un apéro était organisé dans une salle flambant neuve. Je ne suis pas une personne difficile mais je dois dire que le vin blanc neuchâtelois qu’ils servaient était imbuvable, j'ai entendu dire que c’était des bouteilles datant des années Gilbert Gress que Facchinetti aurait trouvées par hasard dans l’ancienne Maladière ! Heureusement pour moi et les autres invités, ils servaient également de la Carlsberg à l’apéro. J’ai donc fait honneur à mon sponsor en buvant un pack de 12 à moi tout seul, j’avais très soif et en plus c’était offert. Le revers de la médaille, c’est que je ne tenais plus dans la tribune officielle. J’avais besoin d’aller aux toilettes toutes les quinze minutes… Bref, à la cinquième fois que je me suis levé pour aller au petit coin, mon voisin Sepp Blatter m’a allumé en me disant que j’avais la vessie d’une mouche. Je lui ai rétorqué : «J'ai peut-être la vessie d’une mouche, mais toi, tu as le QI d’une huître !» Tu aurais dû le voir le Blatter, il est devenu tout rouge dans son costume noir et s’est mis à gesticuler dans tous les sens, on aurait dit la mascotte de Neuchâtel Xamax en train de fêter un but !

15.2.07

Café des Sports : bravo Mimi !

Supporter de l'équipe de Suisse, je suis aussi supporter de mon ami Mimi ! Alors j'ai regardé le «Café des Sports» sur la télévision suisse romande hier soir, l’émission de Nicolas Burgy.

Ben il faut reconnaître qu'il s'en est bien sorti le Mimi ! Faut également constater qu'avec le casting qu'il y avait sur le plateau, ce n'était pas très difficile. Délétroz, je ne le connaissais pas celui-là, je savais qu'il racontait beaucoup de conneries à la radio, mais je n'avais pas de visage sur son nom, il ne m'a jamais vraiment marqué. Bref, avec son grain de peau de bibliothécaire, sa chemise PKZ rouge Zysiadis et ses airs de premiers de classe, aucune chance de faire peur à Mimi ! Ce d'autant que ses arguments sont aussi riches qu'un sandwich au jambon des CFF ! Il s'étonnait que nos joueurs ne soient pas motivés à jouer contre l'Allemagne. Il n'a pas compris que l'équipe de Suisse d'aujourd'hui, ce n'est plus le club d'amateurs de Jeandupeux qui jouait le dimanche matin à 10h pour le compte du championnat de Suisse ! Djourou et Senderos jouent trois fois par jour avec Henry, Müller a pris son 100ème petit pont de Juninho en 5 contre 2 à l'entraînement dimanche alors que Frei a planté deux goals au Bayern récemment. Et l'autre débile voudrait qu'ils soient motivés comme des juniors F qui voient Zidane en jouant l'Allemagne un mercredi soir pourri du mois de février…

Bref passons. Il y avait Gilbert Gress aussi. Lui franchement il me fera toujours rire. Il a fini par ranger son manteau de fourrure qu'il étrennait sur les terrains de foot dans les années 80 avec Xamax, par contre les lunettes et son brushing des années soixante, il les porte encore. Le tout assorti à une cravate mauve de Suisse allemand déguisé en marié, t'imagines le tableau. Largement de quoi s'accorder aux nappes de plastique à carreaux du plateau. Mon ami Gilbert, qui me faisait encore des théories il y a trois semaines, a été sélectionneur d'une des plus mauvaises équipes suisses de l'histoire, et il arrive encore à faire le docteur. C'est le seul sélectionneur de l'histoire qui a fait jouer un mauvais latéral du championnat de Suisse ailier gauche avec la Nati, je parle bien sûr de Jeanneret. Comme à l'accoutumée, il nous a même ressassé des anecdotes du Xamax des années 80. Il ne manquait plus que Gilbert Facchinetti pour verser sa larme et Heinz Hermann pour lui offrir un maillot. Mais qu'est-ce qu'il est lourd le Gilbert ! J'essaie de lui expliquer en vain que depuis 1970 et son arrivée à Strasbourg, le foot a changé, et que depuis 20 ans il est passé par au moins 10 clubs sans le moindre succès, mais il arrive toujours à la ramener, incroyable !

Mais le pire de tout, c'était encore von Burg. Alors que Mimi avait fait la différence depuis la cinquième minute, alors que l'on menait 3 - 0 facile, il entre à la 88ème, met deux auto-goals, tacle son propre gardien et provoque un penalty… «Si l'équipe de Suisse ne gagne pas l'Euro mais qu'elle aura fait rêver le peuple suisse et soulever le pays, elle aura quand même quelque part gagné l'Euro». Non mais je me crève à fixer des objectifs incroyables à mon équipe pour qu'un âne censé me soutenir sur un plateau de télé refasse une théorie plus suisse que suisse et que l'on retombe dans nos plus sombres travers.

Bref, moi je veux gagner l'Euro et je le dis haut et fort. Il n'y a qu'en se fixant cet objectif que l'on peut espérer y arriver, n'en déplaise à Pascale Blattner et Jean-François Develey, duo improbable mais complice dimanche dernier, qui auront fini de convaincre Michel Platini de leur pessimisme et de leur maladresse.

9.2.07

Retour sur un naufrage…

ALLEMAGNE - SUISSE 3-1 (2-0)


Le seul point positif de la soirée, c’est que j’ai évité de payer la fondue à toute l’équipe… Pour le reste, ce fut un véritable cauchemar. Si nous avions été bons durant les 30 dernières minutes contre le Brésil, nous avons sombré de la première à la dernière minute à Düsseldorf. Une chose est sure : après notre parodie de match face à l’Ukraine, le football suisse ne s’est pas fait une bonne publicité hier soir en Allemagne. Nos mercenaires de Bundesliga ne devront pas s’étonner s’ils cirent le banc ce week-end…


En raison du forfait de Müller (à force de se faire tourner autour à Troyes dimanche dernier, il avait attrapé un torticolis), je me voyais donc obligé de titulariser Grichting dans l'axe. Je savais que le Valaisan n’était pas un rapide (en particulier dans les couloirs d'un stade de foot…) mais il a dépassé toutes mes «espérances» hier soir… Il était tellement en retard sur chaque action qu’on avait l’impression qu’il jouait la précédente. Paul Gascoigne, au lendemain d’une cuite, aurait réussi à le déborder… Je suis même persuadé que sur un 100 mètres, Richard Dürr lui aurait pris 2 secondes mercredi soir !


Les «jeunes loups» m’ont également beaucoup déçu… Behrami est décidemment plus à l’aise chez le coiffeur que sur un terrain. Et que dire de Margairaz ? Lui qui est si brillant avec le FCZ, n’a quasiment pas donné un bon ballon hier soir… Comme à la Coupe du Monde, Yakin n’est pas capable de jouer plus de 50 minutes… Et je ne te parle même pas de Vogel, à force de regarder les matches sur le banc de touche en Espagne, il se met également à les regarder en étant sur le terrain. Tu lui aurais donné un paquet de chips, une bière et une chaise et il aurait pu être comptabilisé comme le 51’334ème spectateur de la LTU Arena…


Mais le plus malheureux hier, ce fut Philipp Degen, pas forcément à cause de son match (très moyen comme à l'accoutumée) mais parce qu’il a pris un coup de pied en plein dans les bijoux de famille. Certes ils n’ont pas le volume de ceux de Djourou, mais la douleur a quand même été terrible pour le pauvre Philipp… En bon camarade, Grichting lui a prêté une de ses coquilles à la mi-temps. Depuis les événements d’Istanbul, Stéphane a en effet toute une panoplie de protections pour l’entrejambes… Il est devenu tellement parano qu’il en met même sous la douche ! Bref, c’est une soirée à oublier sur toute la ligne… Je ne sais plus quoi faire pour redonner confiance à mes joueurs, j’hésite presque à demander à Pierre Benoît de nous re-organiser un match contre le Liechtenstein ou le Venezuela…


Ami lecteur, j'ai la tête remplie de questions et suis en soucis. L'heure est grave et ni Derrick, ni la soupe à la courge de ma femme ne vont me détendre…

7.2.07

Avant Allemagne - Suisse...

Ce soir nous allons tenter de battre nos «amis» allemands, ceux que nous baptisons les «poètes d’outre-Rhin» : si on y arrive, ce sera une première depuis 50 ans ! Mais entre nous, je n’y crois pas trop... J’ai d’ailleurs demandé aux gars d’éviter d’en prendre plus que trois... Si on en prend que deux je paie la fondue et si on en prend qu’un je leur ai promis de les emmener au Carnaval, c'est la période ! Et si on en prend aucun ? Ce n’est pas possible, faut pas déconner ! Avec Coltorti et Benaglio aux buts, Grichting en défense centrale et Degen en latéral, ce n’est footballistiquement pas possible...

Comme tu le sais mes joueurs ne vont pas très bien. Zubi est sur le point de signer à Xamax (oui oui en Challenge League...), Vogel n’a plus joué un match depuis la rencontre amicale contre le Brésil, Gygi joue désormais à Metz (oui oui... en Ligue 2), Wicky et Müller sont indisponibles (ça c’est peut-être une bonne nouvelle...), Spycher est... Spycher, Magnin joue tous les tremblements de terre et Behrami est au chômage technique, le Calcio est suspendu... Bref, la situation est critique. Bien sûr, je peux compter sur les valeurs sures : Frei, Barnetta et Senderos mais voilà, «trois valeurs sures» pour une équipe qui veut devenir championne d’Europe en 2008, c’est une misère !

Et puis évidemment, j'ai toujours ce problème du deuxième attaquant à côté de Frei, c'est la cata... La presse me saoule de nouveau avec N’Kufo qui marque but sur but dans le championnat des Pays-Bas. Ce que les journalistes ne comprennent pas, c'est que Blaise est autant apprécié dans l'équipe qu'une descente de CRS en banlieue parisienne. Même Yakin ne le veut pas dans sa chambre, il préfère dormir tout seul ou avec le responsable des maillots. C'est dû à un mauvais gag la dernière fois que je l'ai convoqué. Ludo avait décidé de le bizuter en remplissant sa soupe de laxatif. Blaise avait passé la sieste sur les toilettes avant d’arriver en retard dans le vestiaire pour l'entraînement, avec une moue significative, et s’est mis à hurler : «Y'en a vraiment ici qui veulent me faire chier !» Ludo s'est roulé par terre tellement il rigolait...

Blaise
a claqué la porte en jetant son short sale à la gueule de Vogel ! Depuis ce jour, Vogel ne veut plus entendre parler de lui. Bref, c'est un malentendu et je pensais en avoir fini avec cette histoire. Mais malheureusement je ne suis pas aidé par le destin. Avec une attaque aussi stérile qu'une cours d'école enfantine, c'est normal que les journalistes reviennent à la charge.

1.2.07

Problèmes techniques...

Désolé ami lecteur, je ne t’ai plus écrit depuis trois semaines, mon chien Marius, ma femme et moi sommes en effet en deuil depuis le 16 janvier : ma machine à écrire a rendu l’âme ! Elle qui m’a été si fidèle pendant 40 ans est définitivement «kaputt», il n’y a plus rien à faire pour la sauver. Sa place est désormais au «cimetière», une pièce de notre maison que j’ai baptisée ainsi et où se trouvent également notre vieux lave linge, la machine à coudre Jura de ma femme et la tondeuse à gazon héritée de mon père. Dès lors, il m’était impossible d’écrire mes chroniques hebdomadaires, tu penses bien.

Il fallait tourner la page et suite à l’insistance de ma femme et de Mimi, je me suis décidé à casser ma tirelire et à acheter un ordinateur portable. Tout d’abord, il m’a fallu trouver l’ordinateur de mes rêves. J’ai déjà été très surpris de constater qu’il n’existait pas d’ordinateur portable M-budget… ni chez Otto le soldeur ! Finalement, j’ai trouvé mon bonheur chez InterDiscount : un magnifique PC Acer soldé à 50%. En plus, Windows 98 y est installé gratuitement ; selon Mimi qui s’y connaît bien en informatique, il n’y a rien de mieux sur le marché. Bref, je suis très content de mon achat.

Mimi s’est gentiment proposé à me donner des cours d'informatique (il connaît particulièrement bien le programme Paint), je dois dire qu’il avait une dette morale envers moi : je l’avais initié au lancer du drapeau lors de la Coupe du Monde en Allemagne. Ma foi, il se débrouillait fort bien, en tout cas mieux que Zubi qui n’arrivait jamais à le rattraper...

En tous les cas, heureusement que j'ai Internet pour me divertir un peu. Parce qu'on ne peut pas dire que l'actualité me fasse rêver. Je suis même plutôt inquiet du sort de mes protégés à l'étranger. Si Frei m'a mis du baume au coeur, on ne peut pas dire que le transfert de Vogel et les envies de Magnin soient rassurants. Allez je me laisse un peu de répit au niveau du foot et reviens prochainement te parler de mes plans pour 2007. A vrai dire j'ose à peine te parler des matches amicaux que Pierre Benoît veut organiser... C'est pire que les courses d'école de l'école primaire de Thurgovie...

14.1.07

Vivement que ça reprenne !

Après avoir reçu le Sport Award de meilleur entraîneur suisse de l'année, me voilà élu «Suisse de l'année» ! Ca fait beaucoup, presque trop, je vais commencer à rougir. Mon année 2006 a été certes extraordinaire, mais je ne m'attendais pas à un tel plébiscite. D'un autre côté, quand je vois la liste des nominés pour cette récompense, je ne suis pas vraiment étonné... Je dirais même que ça ne le valorise pas non plus. Lauriane Gilliéron ou Dick Marty… Autant remettre le titre de «Mister Schweiz» à Ludovic Magnin ! Comme Federer n'était pas nominé - il a été sacré en 2003 et on ne peut gagner ce titre qu'une fois - la voie était libre... A ce propos, il faut être très suisse pour inventer un règlement pareil. A croire que c'est Edmond Isoz - le fameux inventeur de la barre qui a pourri le championnat suisse pendant plus de dix ans - qui l'a écrit !

Bref, je me réjouis désormais de la reprise de la Super League. Cette succession de cérémonies, de fêtes et de dîners en costard m'a déjà retourné le ventre, ça va bientôt mettre en péril mon couple (ma femme en a marre de faire le pot de fleurs !) et mon poste de sélectionneur : difficile en effet de penser au foot ces temps-ci. Quand tu passes tes soirées à discuter de maquillage avec la Gilliéron ou à écouter Claude Nobs te narrer ses soirées folles dans son jacuzzi avec Elton John et George Michael, forcément, il est difficile de se concentrer sur le ballon rond et l'Euro 2008 ! Je l'ai donc promis à ma femme : fini ces soirées de gala ! Dès la semaine prochaine, retour dans notre havre de paix avec notre chien Marius et on rattrapera le temps perdu, soit sept épisodes de Derrick !

10.1.07

Mon réveillon chez Bubu...

L’année 2007 a très mal commencé pour moi, j’ai été victime d’une gastro-entérite suite au Nouvel-An chez Bubu. J’ai donc été le roi sans avoir à trouver la fève le jour de l’épiphanie : je suis en effet resté sur le trône pendant une semaine ! Quel enfer... Je dois avouer que si Bubu est le meilleur entraîneur de gardiens que je connaisse, il est aussi à l'aise dans une cuisine que Strellette au point de penalty...

Bubu nous avait promis un repas de réveillon gastronomique, je ne retiendrai de ce repas que la gastro... Pour commencer il voulait nous préparer des huîtres et avait demandé à Gygi de lui ramener trois douzaines de belons de Bretagne. Mais Gygi est parfois un peu dur de l’oreille et avait mal compris : il est donc revenu avec trois douzaines de melons ! Tu aurais dû le voir le Gygi arriver au chalet de Bubu avec ses 36 melons sur la banquette arrière de sa Smart ! Du coup, on s’est farci trois melons chacun pour l’entrée... Je dois avouer qu’on commençait tous à avoir le ventre ballonné. Ensuite la surprise, le plat de résistance : j’étais persuadé qu’il allait nous préparer sa traditionnelle «fondue tiers-tiers-tiers» comme il l’appelle (un tiers de gruyère, un tiers de vacherin et un tiers de kirsch) mais il s’est finalement décidé à nous faire un... couscous ! Je ne sais pas quelle mouche l’a piquée. Mais attention, c’était un couscous à la Bubu, qu’il a d'ailleurs baptisé le «couscous haut valaisan» : les merguez étaient remplacées par des cervelas et la semoule par des röstis ! Et les cuisses de poulet ? Par des pieds de cochon ! Autant te dire qu’on était bien loin du traditionnel couscous tunisien... ça n’a pas manqué : mis à part Bubu qui s’est régalé, on est tous tombés malades !
Bref, certains faisaient sauter les bouchons de champagne et les bombes de Nouvel-An, pendant qu'on se relayait sur les cuvettes des toilettes du chalet. Et essaie de trouver de l'imodium à 1 heure du mat' à Grimentz, autant demander à Degen de trouver la tête de Frei sur un de ses centres...

Une nuit de Nouvel-An au thé chaud et une bouillotte au coin du feu, on a connu plus agité. Mimi a même dû annuler son karaoké. Le pauvre, il avait pourtant préparé pendant deux semaines son costume d'armailli pour entonner le «Ranz des vaches» avec la vidéo de Bernard Romanens en 1977.

27.12.06

Mon Noël et mon Nouvel-An...

Ah les fêtes, j’adore cette période de l’année. C’est l’occasion de se réunir en famille, d’écouter les poèmes des enfants et de partager un moment convivial autour de la dinde (je parle du plat, pas de ma femme).

Je suis d'autant plus content que cette année je ne me suis pas compliqué – ni ruiné – pour les cadeaux. L’ASF avait tellement d’objets invendus ou inutilisés de la dernière Coupe du Monde que j’ai pu en offrir à toute la famille. Mes petits-enfants étaient aux anges lorsqu’ils ont reçu le chapeau Carlsberg et le drapeau en plastique du Crédit Suisse, par contre ma femme s’est un peu vexée quand je lui ai offert l’écharpe de Suisse – Togo.


Ce que je préfère à Noël, c’est la messe de minuit. J’aime vraiment me retrouver en famille le soir du 24 décembre. Nous allons chaque année à la petite église du village pour se recueillir et oublier les malheurs du quotidien, les images tristes que nous voyons chaque jour à la télé : les boulettes de Zubi, les centres de Degen, les penalties de Strellette, les débordements de Ludo, les passes de Cabanas, les dribbles de Wicky…


Quant à Nouvel-An, nous sommes invités au chalet de Bubu à Grimentz, Mimi sera également présent. Pierre Benoît, lui, ne pourra pas venir : il participe chaque année au bal masqué des sapeurs pompiers de son village. Après la soirée «Freddie Mercury» en 2005, le thème en 2006 est «YMCA».


En tout cas, je me réjouis de passer le 31 avec mes amis Bubu et Mimi. Après une année aussi riche que celle nous venons de passer, nous aurons des centaines de souvenirs et d’anecdotes à nous raconter autour du «caquelon des copains», comme on l'appelle. Et on finira la soirée par le traditionnel karaoké de Mimi. Quelle imitation nous a-t-il préparée ? Je t'en parlerai après Nouvel-An !

19.12.06

Sports Awards 2006 : Noël avant l’heure

Comme tu le sais, j’étais aux Sports Awards samedi soir. J’aime bien ces cérémonies, c’est divertissant et ça me change des soirées Derrick à la maison. En plus c’est pratique parce que ce n’est pas loin de chez moi et ça commence à 20h10, nous avons donc pu profiter de notre Voie 7 avec ma femme et évité de payer le train. Ensuite il y a toujours un buffet très copieux après la cérémonie, c’est l’occasion de boire du champagne et de manger du saumon. Pour ma femme et moi qui nous contentons d’habitude de Freixenet et de stick de poissons Findus, c’était Noël avant l’heure.

Ce fut vraiment une belle soirée. J’ai gagné le prix de l’entraîneur suisse de l’année pour la deuxième fois consécutive. Je suis évidemment très heureux d’avoir été récompensé par le public et les spécialistes. Le seul problème, c’est que je n’ai plus de place sur mon étagère : entre mes verres en étain de champion de jass, ma coupe inter-cantonale de hornuss gagnée à Unterwald, mon certificat Jean-Louis du Comptoir Suisse et les trophées de ma femme (elle a gagné trois fois le prix de la plus belle guirlande d’oignons de la foire de Berne), je ne sais pas où mettre ce Sports Award 2006. Quoique sur notre cheminée, entre la miniature du Cervin, l’horloge en coquillages et les écureuils empaillés, il ira très bien.

Cerise sur le gâteau, l’équipe suisse de foot, unser Nati, a remporté le titre de meilleure équipe 2006. Quand tu vois les résultats de nos équipes de ski et de tennis, ce n’était pas une grande surprise… A l’heure de monter sur scène, on ne savait pas qui de moi, Mimi ou Zubi allait faire le discours. Quand Jörg Stiel nous a remis le prix, Zubi nous a lancé d’un ton sec : «Ecoutez j’y vais, laissez-moi faire le speech ! Köbi t’y as déjà eu droit ce soir et toi Mimi tu parles suisse allemand comme tu chantes du Johnny Hallyday, alors j’y vais !» Zubi ne croule pas sous les demandes d’interviews en Angleterre, alors on lui a laissé ce plaisir… Mimi et moi étions nerveux pendant son discours, on avait évidemment peur qu’il nous fasse une boulette, comme il en a l’habitude. Mais Zubi n’a pas merdé, il n’a pas critiqué le Blick ni demandé à un club suisse de l’engager à n’importe quel prix… Il s’est contenté de répéter le discours que lui a préparé Pierre Benoît durant ces trois dernières semaines. Ah ce Pierre Benoît, il n’y a vraiment aucun risque qu’il quitte l'ASF pour se faire engager par le service de presse des Nations Unies : vu qu’il lui faut trois semaines pour préparer le speech d’un joueur de foot pour les Sports Awards, Kofi Annan serait toujours en train d’attendre le premier paragraphe de son discours d’adieu !

10.12.06

Lucien Favre 2 - Gabet Chapuisat 1

Samedi, j'ai suivi le choc au sommet de la Super League entre le FC Zurich et le FC Sion. Bon, un choc devant 11'600 spectateurs et des milliers sièges vides, je ne sais pas si on peut appeler ça un choc. Il faisait certes très froid au Hardturm mais quand même, l'affluence n'était pas à la hauteur de l'affiche, surtout pour le dernier match du président Hotz.

Les retrouvailles entre Lucien Favre et Gabet Chapuisat avaient alimenté la presse de boulevard avant ce match. Malheureusement pour le Blick et Le Matin, il n'y a eu ni coup de boule à la Zizou, ni crachat à la Frei entre les deux hommes. A bientôt 60 ans, Gabet s'est un peu calmé. Il y a encore 10 ans, il aurait sifflé une caisse de blanc en montant sur Zurich et se serait jeté sur Lucien Favre les deux pieds en avant au premier regard ! Histoire de l'envoyer définitivement en chaise roulante, après sa tentative à moitié réussie du 13 septembre 1985... Mais samedi, Gabet était d'un calme olympien et très fair-play. A croire que Constantin l'avait fait piquer par le médecin de l'équipe. Je crois surtout qu'il vit sa nomination à Sion comme une victoire et qu'il prend un réel plaisir à coacher les Valaisans, ça se voit en tout cas.

Zurich a donc gagné 2-1 et prend le large au classement. Force est de constater que le deuxième tour risque d'être aussi intéressant que le championnat de France ou que Suisse - Ukraine... Qu'est-ce que j'ai retenu de ce match ? Zurich est une très belle équipe et Xavier Margairaz sera sûrement notre futur meneur de jeu. Il a du talent, de la fougue... et il sait marquer ! Au contraire de Cabanas... Quant aux joueurs du FC Sion, ils font encore beaucoup trop d'erreurs de jeunesse, normal pour des fillettes me diras-tu. Quand on mène 1-0 avec un joueur de plus sur la pelouse, il faut vraiment être maladroit, inexpérimenté ou les deux pour laisser échapper le match. Ou alors simplement avoir l'arbitre contre soi. Mon ami Lulu ne m'en voudra pas, mais il faut reconnaître que Monsieur Circhetta a, à lui seul, inversé la tendance du match. Oui, le jeu de Zurich était supérieur, mais quelle honte cet arbitrage de cour d'école.

Maintenant j'ai quand même peur pour le pauvre Ahoueya… Faut être sourd des deux oreilles pour ne pas avoir entendu le coup de sifflet. Et connaissant Constantin, il ne va pas lui pardonner son deuxième carton jaune et va très certainement lui réserver le traditionnel «Châtiment de La Bâtiaz» (du nom du Château de Martigny) dès son retour en Valais : une amende, un gage et une humiliation. L'amende sera son salaire mensuel, le gage de bosser une semaine sur l'un de ses chantiers et l'humiliation de chanter «Le vieux pont de bois» de Paul Mac Bonvin sur la tour du Château avec pour seul habit le maillot d'Yvan Quentin ! Crois moi qu’à cette époque de l’année, tu as de quoi rentrer les pieds gelés avec une belle bronchite…

5.12.06

Après les vacances, les questions...

Je suis de retour ami lecteur ! Pardon pour mon silence, je me suis octroyé dix jours de vacances à Reckingen avec ma femme et mon chien Marius. Comme chaque année, nous avons loué l’appartement d’un ami à Reckingen, un petit studio de 30 mètres carré qui me plaît beaucoup. Ma femme trouve qu’on est un peu à l’étroit mais pour moi ça va très bien, il faut savoir se contenter de peu, j’en ai l’habitude avec la Nati.

Ma femme se plaint aussi parce que nous prenons toujours nos vacances annuelles fin novembre, je reconnais que ce n’est pas la meilleure saison pour partir : il n’y a pas de neige, pas de soleil et souvent la grisaille... Par contre au niveau des prix, c’est imbattable. Je ne prends jamais mes vacances en août, durant les Fêtes ou en février, c'est vraiment de l'arnaque... Et Reckingen en novembre, même sans neige et sans soleil, ça gagne à être connu : les deux magasins d’habits de la station font leurs soldes annuelles et il n’y a pas besoin de se battre avec d’autres clients pour profiter des produits à 50% de la Migros. Bref, Reckingen en novembre, c’est mon petit coin de paradis, ce n’est pas pour rien que j’y vais depuis 35 ans... Je ne comprends pas tous ces gens qui préfèrent partir à Majorque, en Thaïlande ou en Martinique alors qu’on est si bien en Suisse, près de nos montagnes et de nos Migros.

Bon, je vais quand même te parler de football et des joueurs suisses à l'étranger. Comme tu le sais ça ne va pas bien pour eux. Les seuls mercenaires qui jouent et qui brillent sont Grichting, Barnetta, Frei (et encore...), N’Kufo et Celestini. Wicky et Spycher jouent aussi mais ça fait longtemps qu’ils ne brillent plus…
Quand je réalise que deux des cinq joueurs que je viens de citer ne sont pas dans la Nati, je me pose des questions. Vu nos problèmes offensifs, j’hésite de plus en plus à sélectionner Blaise N’Kufo. Le problème avec Blaise, c’est qu’il filait des complexes à tous les joueurs sous la douche... Et un Vogel qui joue complexé, c'est pas bon pour l'équipe. Müller a l'habitude à Lyon, mais Vogel lui ne passe pas le cap, ça le bloque. Alors j’ai préféré éviter les conflits et ne pas sélectionner N'Kufo.

Quant à Celestini, il flambe avec Getafe en ce moment, mais malheureusement il est en mauvais terme avec la moitié de l’équipe : quand il était capitaine de l’OM, il a pris tellement la grosse tête que même Frei, Vonlanthen et Yakin passaient pour des modestes à côté. Bref, N'Kufo et Celestini ce sont deux solutions difficilement envisageables ou alors il va falloir que Mimi refasse de la psychologie dans le vestiaire. Quoi ? Tu ne connais pas la psychologie de Mimi ? Faudra que je te raconte ça à l'occase...

23.11.06

Le Muppet Show valaisan

L’actualité du FC Sion en ce moment, c’est Dallas et le Muppet Show réunis ! Dallas pour les querelles de clocher et le Muppet Show pour l’aspect comique ! Quel cinéma !

On a tous tendance à se moquer un peu de Constantin mais heureusement qu'il est là... Qu'est-ce qu'on s'ennuierait sans lui dans cette Super League sans saveur... Personnellement, j’ai toujours apprécié mon ami Christian. Je dois avouer qu’il a toujours été très généreux avec moi. Par exemple, lorsque j’ai sélectionné Regazzoni pour la première fois en équipe suisse, il m’a envoyé une caisse d’Abricotine de Saxon - il paraît que c'est la meilleure - et un DVD des plus beaux matches du FC Sion en Coupe d’Europe. C’était sympathique de sa part mais malheureusement je ne bois que le kirsch de mon ami Hans-Peter, un fermier thurgovien fan de la Nati. Alors j’ai donné les six bouteilles à Bubu qui était évidemment aux anges : il adore tout ce qui est alcoolisé et si possible valaisan ! Quant au DVD des plus grands exploits du FC Sion en Coupe d’Europe, c’est juste dommage qu’il ne durait que cinq minutes... Bref, j'aime bien Constantin. Avec lui, aucune hypocrisie, de la franchise et un sens de l'analyse plutôt fin : il appelle une chèvre une chèvre, Yvan Quentin un agricole, un journaliste du Blick un con et un journaliste de la TSR un incapable ! Et même avec Lehmann il avait vu juste : il le surnommait le «singe mongole».

L’empereur Constantin nous a donc fait un grand coup cette semaine : il a viré Schällibaum pour prendre Gabet Chapuisat ! Déjà, je n’ai jamais réussi à comprendre pourquoi il avait engagé Schällibaum... Le Zurichois est aussi mauvais entraîneur qu’Alain Geiger : il serait capable de faire perdre n’importe quelle équipe d’Europe ! Engager Schällibaum comme entraîneur, c’est une aussi mauvaise idée que de prendre Nelly Wenger comme directrice générale ! D'ailleurs, si Nelly Wenger est capable de faire perdre 30% du chiffre d’affaires à Cailler en 6 mois, Schällibaum a réussi à transformer des vainqueurs de Coupe de Suisse en fillettes dépressives en 46 jours ! Il n’y a qu’à voir Regazzoni : depuis l’arrivée du Schälli, il est méconnaissable, il joue presque aussi mal que Micoud à Bordeaux !

Je félicite donc mon ami Christian pour ce changement d’entraîneur, il était temps. Par contre, j’ai bien peur que Gabet ne fasse pas plus long que son prédécesseur... Le mariage Constantin - Chapuisat a autant de chance de marcher que celui entre Tom Cruise et sa cruche ! Entre un président omnipotent et un entraîneur hystérique, la cohabition va être mouvementée. Je veux bien croire que Constantin devienne vivable, mais que Gabet ferme sa gueule, ça me paraît impossible ! Je donne vraiment peu de chance à ce duo improbable... En tout cas, à défaut de devenir pote avec Constantin ou champion suisse avec Sion, Gabet saura trouver son bonheur en Valais : c'est le pays du Fendant et des apéros ! Et crois-moi que le Gabet n’a jamais craché dans son verre... Ce n'est pas pour rien que Constantin l'a invité dans un carnotzet pour le faire signer ! Je ne crois pas qu'il aurait vraiment apprécié les Bains de Saillon par exemple... Il se murmure même que l’année passée, Constantin aurait engagé Moulin après lui avoir offert un tour de karting au Fun Planet !

Allez, bon courage papy Gabet et à bientôt à la retraite !

17.11.06

Après Suisse - Brésil...

Suisse - Brésil 1-2 (0-2)

Mon premier sentiment après ce Suisse - Brésil, c’est que l’ASF s’est bien fait avoir ! Comme tu le sais, l’ASF a versé 3 millions de francs à la fédération brésilienne pour organiser ce match. L’équipe du Brésil est en effet la plus chère du monde, ce n'est pas difficile à croire quand tu vois le rythme de vie des soi-disant vedettes sud américaines... En trois jours à Bâle, les stars auriverde ont réussi à écumer tous les cabarets et discothèques
de la ville… Il paraît que si Ronaldinho n’a pas été aligné d’entrée, c’est parce que le coach l’a retrouvé en train de batifoler dans le jacuzzi du Hilton à 4 heures du mat ! Et tu connais Ronnie, il ne s’est pas excusé, il a juste souri et s’est mis à danser la samba ! Robinho, lui, s'est tapé toutes les employées de l'hôtel, y compris la femme du patron ! Ce dernier est devenu fou de rage, il a fallu l'intervention de tout le staff brésilien pour le calmer... Bref, quand tu sais que les Brésiliens ont fait la fête non-stop pendant trois jours, tu ne t’étonnes pas qu’ils courraient à peine mercredi soir… Quelle bande de mollassons ! Déjà qu’ils ont de la peine à courir durant les matches officiels, là, ils étaient carrément au ralenti ! Tu leur aurais mis un costard PKZ, une cravate Mickey et des chaussures Spengler Mode et on aurait dit onze fonctionnaires argoviens en train de se traîner un lundi matin pour aller à la machine à café !

Dès lors, notre défaite est vraiment inquiétante… Alors que nous avons préparé ce match comme une finale de Coupe du Monde, nous avons été incapables de battre un Brésil qui jouait à 30% ! Et encore, quand Ronaldinho est entré, ils sont passés de 30 à 15%… Pire que la défaite, c’est la prestation de Zubi qui m’a fait de la peine… Pourtant j’avais tout fait pour qu’il prenne sa retraite après la Coupe du Monde : «Réfléchis bien Zubi, si tu arrêtes maintenant, tu pars la tête haute, en pleine gloire. Dans ton cas, c’est vraiment inespéré !»
Mais Zubi était plus décidé que lors de ses sorties aériennes : «Non Köbi, je veux encore jouer ! Je suis en forme et de toute façon, tu veux prendre qui à ma place ? Benaglio joue tous les tremblements de terre au Portugal, il est même obligé de faire concierge dans son HLM pour arrondir ses fins de mois ! Coltorti a le cerveau de Stefan Lehmann et la vista de Jörg Stiel ! Et ne me parle pas de Vailati, il ne serait même pas capable d’arrêter un penalty tiré par Strellette ! Köbi, je veux jouer jusqu’à 40 ans, je serai le Peter Shilton helvétique !» J’étais bien sûr emprunté… Comment faire comprendre à Zubi que l’heure de la retraite a sonné ? Tant pis, le Blick s’en chargera à ma place…

La seule satisfaction de la soirée, c’est les prestations de Liechsteiner et surtout de Vonlanthen. La «diva» – comme l’appelle Ludo – a été bon dans son poste de milieu droit offensif. Enfin… il a été bon pendant une mi-temps car il a vite «calé» : il ne courait plus après 50 minutes, avait des crampes après une heure et me suppliait de le faire sortir après 70 minutes… Il n’en pouvait plus ! Il faut reconnaître qu’avec Salzburg, il joue centre-avant et quand tu sais qu’il est en moyenne 18 fois hors-jeu par match, tu comprends vite qu’il n’a pas l’habitude de courir… Et le pauvre joue en Autriche, il ne faut pas l’accabler, c’est le championnat le plus lent d’Europe ! C’est tellement lent que Stéphane Henchoz pourrait y jouer attaquant de pointe !


Bref, Vonlanthen doit muscler son jeu, Zubi doit passer chez l’opticien et tous les autres doivent tenter de jouer avec leur club… On est loin du compte... Heureusement, la route est encore longue jusqu’à l'Euro 2008 !

9.11.06

Strellette en état de grâce

C’est la surprise de ces deux dernières journées de Bundesliga, je dirais même la sensation : Strellette a été titularisé lors des matches de Stuttgart contre Aix-la-Chapelle et Hambourg ! Mais le paranormal ne s’arrête pas là : non seulement il a joué, mais en plus il a marqué ! Deux fois !! C’est Spycher qui m’a annoncé la nouvelle au téléphone : «Tu veux une bonne et une très très bonne nouvelle Köbi ? La bonne : Strellette a joué et il a marqué ! La très très bonne : Ludo est toujours sur le banc !» Ah le Spycher, il rêve de jouer contre le Brésil et essaie par n'importe quel moyen de m’influencer. Mais tu me connais, je suis Suisse allemand et j’ai la tête dure. Il n'y a que ma femme qui arrive de temps en temps à me soudoyer. Elle insiste toujours à la Migros pour acheter du foie gras alors que le Parfait est beaucoup moins cher. A force de me supplier toute l'année, je suis quand même obligé de céder pour les fêtes de fin d'année.

Pour en revenir au foot, je ne suis pas étonné du regain de forme de Strellette : je lui avais mis une énorme pression il y a 10 jours : «Si tu continues à chauffer le banc à Stuttgart, je vais convoquer Alexandre Rey à ta place pour le match contre le Brésil !» Strellette est devenu complètement hystérique au bout du fil : «Tu ne peux pas me faire ça Köbi ! J’adore le Brésil ! Je prends des cours de tango depuis l’âge de cinq ans ! Et je suis déjà allé trois fois à Buenos Aires en vacances !» Là je lui ai dit que Buenos Aires était en Argentine... «Mais tu dis n’importe quoi ! Tu le fais exprès pour me déstabiliser ! Köbi, tu es pire que le Blick ! Buenos Aires est la capitale du Brésil, c’est Philipp Degen qui me l’a dit ! Il m’a aussi dit que Maradona et Madonna étaient frère et sœur !» Là je ne savais franchement plus quoi dire, j’ai acquiescé pour ne pas le contrarier, il est à fleur de peau ces temps… Pourtant je pensais que Strellette était bon en géographie, on lui avait même offert une mappe monde pour ses 25 ans, le 18 juin dernier. Lorsqu’il l’avait reçue, il avait cru que c’était un ballon de foot et avait frappé dedans de toutes ses forces ! La mappe monde était arrivée en plein dans l’entrejambes de Grichting ! Le pauvre, sa blessure d’Istanbul venait de cicatriser…

Finalement, je suis venu à la conclusion que si Strellette n’est même pas capable de situer le Brésil sur une carte du monde, ce n’est pas étonnant qu’il ne cadre jamais ses frappes avec la Nati !

31.10.06

Les malheurs de Strellette et Ludo

Il y a deux joueurs qui me font du souci en ce moment : Strellette et Ludo, les deux remplaçants du VFB Suttgart. Strellette vit un véritable calvaire : il a joué 90 minutes en tout et pour tout cette saison. Quand on sait que c’était un grand espoir du foot suisse, c'est dur à avaler. Je lui ai conseillé de trouver une autre équipe. Malheureusement, aucun club ne s’intéresse à lui, sauf le FC Sion bien sûr, toujours prêt à récupérer les cas désespérés. Il paraît que Constantin l’appelle trois fois par jour pour essayer de le convaincre, il lui a même promis une caisse de Fendant et un tableau de Jérôme Rudin en guise de cadeau de bienvenue. Mais Strellette est traumatisé à l’idée de revenir en Suisse, il n’y met d’ailleurs plus les pieds. La dernière fois qu’il s’est baladé à Zurich, tous les passants lui tiraient la langue…

Ludo est lui aussi au fond du trou et chauffe le banc chaque week-end. Je crois qu’il s’est vu trop vite à l’AS Rome et que ça lui est monté à la tête… Le comble dans cette histoire, c’est que l’AS Rome ne s’est jamais intéressé à lui. Faut pas déconner, l’AS Rome a quand même des ambitions cette saison… Non, toute cette histoire était en fait un canular organisé par Sypcher qui déteste Ludo. Il a demandé à Lustrinelli d’imiter l’accent romain et de se faire passer pour le manager de l’AS Rome… Ludo est tombé complètement dans le panneau et y a cru dur comme fer. Le père de Ludo était d'ailleurs tellement heureux qu’il a fait la fête au centre italien d’Echallens toute la nuit en chantant «Je suis rital et je le reste»… Finalement, cette rumeur a pris de telles proportions que Spycher et Lustrinelli ont laissé tomber, mais ils ont tout de même bien réussi leur coup : depuis son transfert avorté à l’AS Rome, Ludo a perdu définitivement sa place à Stuttgart !

29.10.06

Play Football, Switzerland !

L’ASF a lancé l’opération «Play Football, Switzerland !» dans le but de promouvoir l’Euro 2008 dans le pays. Ce road show sillonnera la Suisse dans un camion rouge à partir du printemps 2007. Pierre Benoît est l'initiateur de cette idée et en est très fier. Il paraît qu'il a eu une illumination un soir en regardant «Dumb & Dumber» !

L’ASF nous a demandé de réfléchir à des idées pour faire de la pub à notre sport préféré. On était déjà tous d’accord de ne pas montrer des images de Suisse - Ukraine, ça pourrait dégoûter les enfants de faire du foot. Ludo a proposé de raconter ses meilleurs gags au public, là on a tous éclaté de rire. «Mais je suis sérieux les gars», a lancé Ludo. On était un peu mal à l’aise et on lui a promis d’y réfléchir. Strellette, lui, a dit qu'on pourrait organiser des concours de tirs au but. Là on s’est tous retenu de rire… on ne voulait pas en vexer un deuxième.

Gygi a ensuite suggéré d’offrir des maillots dédicacés de Lille aux enfants. C’en était trop, on est tous parti dans une crise de fou rire. Le seul qui ne rigolait pas c’était Spycher, il a pris la parole d’un ton sérieux : «Si vous voulez, je peux conduire le camion, j’ai le permis poids lourd». «Quand on voit ta copine, ce n’est pas étonnant !» a rétorqué Ludo en plaisantant. Ca n’a évidemment pas du tout plu à Sypcher qui s’est jeté sur lui la tête la première en criant «schissdräck !». Malheureusement, il n’a pas vu la table de massage qui était entre lui et Ludo…

Finalement, j’ai laissé tomber. On a encore du temps jusqu’à l’année prochaine...

18.10.06

allô Köbi, c'est encore Gygi...

Hier soir, j’étais tranquillement en train de finir mes mots-croisés dans mon salon en regardant la rediffusion de Derrick, ma femme préparait la soupe à la courgette pour le lendemain, lorsque le téléphone a sonné. Je pensais que c’était Ludo qui m’appelait pour me raconter le dernier gag carambar. Eh bien non : c’était Gygi ! Lui qui est toujours en train de pleurnicher au téléphone parce qu’il ne joue jamais, qu’il n’a pas d’amis à Lille ou qu’il n’a pas vu le soleil depuis 4 mois, il était excité comme jamais. On aurait cru qu’il avait marqué le premier but important de sa carrière. C’était bien le cas. Gygi a marqué hier soir, mais pas au 2ème tour de Coupe de Suisse ou en match amical contre le Liechtenstein, non, il a marqué en Champions League contre l’AEK Athènes ! Gygi s'enflammait au téléphone : «Tu te rends compte Köbi, je suis une star maintenant ! On a vu mon goal dans toute l’Europe ! Il paraît qu’ils l’ont montré au ralenti sur Canal+ ! Claude Puel m'a même juré qu'ils le diffuseront dimanche matin à Téléfoot ! Et demain l'Equipe va enfin me donner une bonne note ! Maintenant je serai titulaire en championnat et je vais marquer chaque week-end, tu verras Köbi !». Je l'ai bien sûr félicité mais il faut reconnaître qu'après tous les faux espoirs qu'il m'a donnés, j'ai de la peine à croire encore en ses capacités. Toutefois, c’est une telle bérézina en attaque en ce moment qu'il faut prendre ce qu'il y a, alors tant mieux s'il est en forme. Et puis avec la déconfiture de Vonlanthen, on ose même plus aller chercher des mecs à naturaliser. Bref, les temps sont durs...

Je me suis finalement endormi sur mes deux oreilles, heureux pour Gygi. C’est un gentil garçon, un bon camarade. Et honnêtement je suis fier de lui. Car quand t'as la technique d’Yvan Quentin, le jeu de tête de Lustrinelli et la force de frappe de Strellette, c'est un sacré défi de jouer en Champions League et de marquer !

12.10.06

Trix & Flix

Le comité de désorganisation de l'Euro 2008 a annoncé le nom officiel des deux mascottes : Trix & Flix. A mascottes ridicules, noms ridicules. Je dirais même : à organisation ridicule, mascottes ridicules et noms ridicules. Pourtant j'avais lancé un concours au sein de l'équipe pour trouver un nom de mascotte sympathique et promis au vainqueur 3 cartons de minipic. Je n'avais jamais vu les gars aussi motivés.

Le problème avec mes joueurs, c'est qu'ils sont autant créatifs hors que sur le terrain. Quand tu vois la créativité de Wicky sur son côté gauche, tu te dis que ce n'est pas le petit fils de Picasso ou le futur CEO de Google. Bon, tu me dirais qu'on leur demande de taper dans un ballon et pas de trouver le vaccin contre la vache folle. Le concours s'est donc soldé sur un cuisant échec. Pas d'idées, pas d'imagination, rien, mes joueurs étaient même moins inspirés que lors de la séance de tirs aux buts face à l'Ukraine. Je te laisse donc imaginer les propositions...

Finalement, nous étions tous réunis dans la salle de séjour : Gygi jouait à la Playstation (c'est le seul moment où il a l'occasion de jouer), les Degen essayaient de terminer péniblement leur Sudoku, Spycher appelait sa maman, Strellette caressait son labrador en écoutant Stevie Wonder, Frei s'admirait devant la glace, Ludo racontait des gags plats au barman de l'hôtel et Djourou, seul dans son coin, regardait un match de Sharapova sur Eurosport. Un moment on a remarqué que le training de Djourou avait la forme d'une tente de cirque… On a tous éclaté de rire… Il s'est levé et a lancé : "Eh oui ça arrive, j'ai la trique !" Ludo a rétorqué : "Djourou a la trique, Djourou a la trix !". Je ne sais pas pourquoi mais Pierre Benoît a noté cette phrase et l'a envoyé à l'ASF qui a adoré.

Et l'histoire de Flix dans tout ça ? Demande aux Autrichiens…

11.10.06

j'arrête en 2008…

Je l'ai annoncé au SonntagsZeitung il y a quatre jours, j'arrêterai après l'Euro 2008. Ce n'était peut-être pas le bon moment pour le dire, mais il faut captiver l'attention des journalistes de temps en temps ! Ils s'ennuient avec la Nati en ce moment : nos matches amicaux se suivent et se ressemblent et sont ennuyeux à mourir. Nos internationaux ne font plus parler d'eux, même Vonlanthen s'est assagi : il a fini par arrêter de pleurer dans les journaux qu'il aimerait jouer pour la Colombie ou qu'il pourrait disputer le Mondial avec un claquage, la malléole fissurée et une double fracture au péroné. Behrami ne se fait plus photographier dans les cabarets de Rome, Zubi ne fait plus de boulette, Huggeli a purgé sa suspension et Frei ne crache plus sur ses adversaires. Bref, le Blick et le Matin doivent se rabattre sur Constantin et ses querelles de clocher pour remplir leurs pages sportives. Compte tenu de cette situation critique, les journées de notre chef de presse Pierre Benoît sont à l'image de son curriculum vitae : vides et sans intérêt. Il tourne en rond dans son bureau à la recherche du moindre scoop, on dirait une mouche dans un bocal ou Spycher au marquage d'Henry : il est totalement perdu... Du coup il a organisé une conférence de presse inutile, une de plus tu me diras... Là j'ai craqué, j'ai lâché le morceau et j'ai avoué que j'allais arrêter après l'Euro. Ce n'était pas facile, mais il faut bien nourrir Unser Presse.

Avant de prendre cette décision importante, j'ai quand même fait le bilan de mes 4 années de sélectionneur. Le plus gros inconvénient, c'est que je ne reste pas assez à la maison. J'ai même raté la soirée Tupperware que ma femme organise chaque année avec ses copines. Je leur fais habituellement des Bretzel et un gâteau au vin cuit, elles en sont folles. Ma femme était tellement fâchée qu'elle ne m'a pas laissé regarder Derrick pendant 2 semaines, quelle galère. Heureusement que Bubu – qui est également un grand fan de Horst Tappert (il a même une photo dédicacée le veinard) – a pu enregistrer tous les épisodes et me faire une cassette VHS. Mais le pire dans tout ça, c'est que l'ASF m'a rempli ma cave de Carlsberg, alors que je bois seulement la Calanda.

Et puis franchement, il faut être solide pour diriger cette équipe de Suisse 2 mois par année. Ecouter les blagues pas drôles de Ludo et consoler Gygi parce qu'il déprime à Lille, c'est dur. Apprendre à Degen à centrer et faire des séances de penalty avec Strellette et le gardien des juniors D de Bumpliz jusqu'à deux heures du matin, c'est carrément épuisant.

Heureusement que j'ai Bubu et Mimi, ils sont toujours positifs et prêts à m'aider. Le problème, c'est que je n'arrive plus à dormir car je loge toujours dans la chambre voisine de Mimi : depuis qu'Alain Morisod lui a offert le live de Johnny Hallyday au Stade de France, il passe ses nuits à chanter ses tubes et à prendre ses paires de chaussettes comme micro. Et tu connais le Mimi, il chante dans sa chambre comme il parle sur le plateau de la TSR : il est infatigable et ne peut jamais s'arrêter ! Bref, il est temps pour moi de tourner la page et de m'occuper de ma femme, mon potager, mes trois chats, mon canari, mon club de jass en Thurgovie et mes mots croisés.

29.9.06

dessine moi une mascotte...

vendredi 29 septembre 2006

La mascotte de l'Euro 2008 a enfin été dévoilée au public. Pour ne rien te cacher je l'avais déjà vue. Je ne devrais pas le dire, mais je vais quand même t’expliquer l'histoire de cette mascotte. Nous marchions en Allemagne dans un coin de forêt avant le match contre l'Ukraine, et les deux frères Degen faisaient la tête à la traîne. Je suis allé les voir et je les ai senti peu motivés. Je ne savais pas quoi faire, je ne pouvais quand même pas les mettre titulaires. Alors en rentrant à l'hôtel, je leur ai proposé de dessiner un peu. C'est la technique qu'utilisait mon copain Bubu avec ses deux gamins. Pour les motiver je leur ai proposé d'imaginer les mascottes de l'Euro 2008. Je leur ai même dit: "Imaginez, si vous gagnez le concours, vous aurez accès à tous les matches gratuitement. Vous n'aurez pas besoin de les regarder à la télé". Ils étaient ravis et ont commencé à dessiner dans leur chambre. La dernière fois que je les avais vu aussi heureux, c’était lorsqu’ils avaient réussi à terminer leur premier Sudoku après 4 heures de réflexion.

Quand nous avons vu les dessins, autant te dire que ni moi, ni Mimi, ni Bubu, ni même Pierre Benoît n'étions convaincus. Les Degen savent aussi bien dessiner que centrer, je te laisse donc imaginer la précision du coup de crayon. C’est là que Ludo, jamais à court d'idées stupides, a lancé aux deux jumeaux: «Et si vous faisiez un auto portrait en guise de mascotte ? Avec vos têtes de clowns, vous êtes les clients parfaits !». Heureusement, les Degen n’ont pas compris la deuxième phrase car ils étaient en train d’essayer de comprendre la première. Après quelques secondes, les Degen ont trouvé l’idée géniale et se sont remis à dessiner... Le résultat, tu l’as devant tes yeux...